mercredi 2 décembre 2009

Komma

Une rencontre pour sortir de l'absurdité de la vie

On ne saura jamais pourquoi le personnage d’Arno (déboussolé et impénétrable) se réveille subitement dans une morgue. D’ailleurs on n’apprendra pas grand-chose des deux personnages qui n’ont aucune raison de se rencontrer mais qui vont mutuellement revenir à la vie par la présence de l’autre. Komma, c’est l’histoire de deux paumés de la vie qui vont mettre longtemps à se trouver – un peu trop peut être – mais dont la rencontre très cendrillonesque va leur permettre de remettre un pied dans la vie, de revoir un touche d’espoir dans le néant. Des sombres boîtes de nuit ils vont passés à la lumière des paysages éclatants de neige, métaphore du renouveau que leur passé ne peut gâter. Ce sont deux puzzles de vie que nous propose la réalisatrice Martin Doyen. Deux jeux de causes-conséquences dont les pièces maîtresses seront apportées par cet autre qui est sans jugement.

Bien que le film soit parfois un peu trop elliptique et ne comble pas toutes les attentes du spectateur, celui-ci se laisse bercer par ces deux âmes en crise profonde. Par cette peinture de l’absurdité de la vie qui s’incarne dans l’argent, l’art ou un dîner en solitaire qui tourne au tête à tête avec un chanteur de restaurant que personne n’écoute. Sans mot, sans s’avouer, en jouant de l’amnésie de l’autre, les personnages se construisent, se tissent et se laissent tomber à l’image de l’affiche du film. L’image absurde mais ô combien persistante d’une vie que l’on veut achevée mais à laquelle on s’accroche avec l’espoir inavoué que l’on rencontrera peut-être au détour d’un couloir désert cet inconnu capable de réveiller la vie en berne. Dans cette atmosphère comateuse, cette parenthèse de vie en suspension, les personnages font face à leur destin et au choix inconcevable entre la mort et la vie.

Komma
de Martine Doyen
sur le site de commeaucinema.com

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